Friday, July 1st, 2022

“Blood Sisters”, la mini-série nigériane de Netflix qui s’attaque aux violences domestiques

Une fiction sur les violences faites aux femmes qui fait un carton. Et allie divertissement et sensibiliation sur une question qui a récemment fait les gros titres au Nigeria. Franceinfo s’est entretenu avec Deyemi Okanlawon, qui joue un homme violent dans la série.

Comment fabriquer un haletant thriller en dénonçant les violences physiques faites aux femmes ? C’est le pari réussi de Blood Sisters au casting impressionnant et réalisée par Biyi Bandele et Kenneth Gyang. La première mini-série nigériane produite par Netflix raconte les tribulations de Sarah (Ini Dima-Okojie), jeune femme censée épouser un riche héritier, Kola (Deyemi Okanlawon). Mais au dernier moment, elle décide de dire non à son violent fiancé. Une rébellion qui va lui coûter cher et dans laquelle sa meilleure amie Kemi (Nancy Isime) devient une indispensable alliée. Les quatre épisodes, disponibles depuis début mai sur Netflix et qui figurent aujourd’hui dans le top 10 de la plateforme au Nigeria, ont été produits en partenariat avec Ebony Life Studios, structure nigériane dirigée par Mo Abudu. Entretien avec le méchant de cette série, Deyemi Okanlawon alias Kola Ademola.

Vous êtes l’anti-héros absolu dans “Blood Sisters”. Comment se décide-t-on à camper un homme violent ? j’ai toujours milité contre les violences domestiques, le viol et toutes les formes de violences faites aux femmes ainsi que pour l’égalité des genres en participant à différents ateliers, débats, grâce à des organisations qui sensibilisent sur ces questions. Parce que je respecte les femmes – ma mère, mes sœurs, mon épouse −, je pense qu’il est important de protéger leurs droits notamment quand ils sont bafoués. Le scénario de Blood Sisters m’a emballé. Bien que j’incarne le méchant de l’histoire, j’ai très vite réalisé que pour qu’elle ait de l’impact, il fallait que chacun de ses protagonistes soit convaincant. Y compris Kola Ademola que j’interprète. Même si personnellement cela m’inquiétait que certains ne puissent pas faire la distinction entre fiction et réalité. Ce qui est déjà arrivé par le passé. Cependant, mon désir de contribuer à raconter une histoire qui ait de l’impact l’a emporté sur l’inconfort que je pourrais éventuellement ressentir dans ce type de situation. Je me suis alors imposé une préparation intense pour endosser ce rôle.