Friday, July 1st, 2022

“Men” : un film fantastique exigeant, parabole sur les violences faites aux femmes

Après deux films de science-fiction, le britannique Alex Garland réalise un film fantastique néogothique sur un sujet contemporain.

Alex Garland est un des rares cinéastes à réaliser des films de science-fiction (Ex Machina, Annihilation) et aujourd’hui fantastique, dont il est l’initiateur et le scénariste. Un amour envers ces genres qui se retrouve dans Men, projeté à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes. Introduit dans un classicisme pur, le film bascule dans une dénonciation métaphorique des violences faites aux femmes, dont le sujet occupe l’actualité.

Après le suicide de son mari violent, Harper emménage dans une maison isolée de la forêt anglaise. Quand elle visite le village voisin, elle ne rencontre que des hommes : son propriétaire récalcitrant, un pilier de bar, un policier inactif, et un vicaire vindicatif. Une présence mystérieuse dans les bois semble la traquer. Un homme aux aspects multiples se rapproche de plus en plus de sa maison, allant jusqu’à l’agresser, à l’image du drame vécu avec son mari défunt.

Men commence comme un film de maison hantée : emménagement dans une vaste maison néogothique, univers isolé, bruits étranges… Le film se teinte d’étrangetés nouvelles avec une présence masculine dont l’agressivité monte graduellement jusqu’à une incarnation traumatique violente et sanglante. Alex Garland assume les codes extrêmes du fantastique, sous une forme adulte, pour le plus grand plaisir des amateurs.